Si Macky Sall veut créer des emplois, il n’a qu’à ressusciter le cinéma Sénégalais!

Le Cinéma Sénégalais souffre d’une incongruité et d’un manque de considération notoire de la part de l’Etat du Sénégal.

À l’instar des autres métiers, le secteur du cinéma connaît un vide juridique profond qui plonge le 7e art Sénégalais dans

une mort cérébrale sans précédent. A ces maux s’ajoutent une ineptie dans la comptabilité de ce secteur qui pourtant peut

absorber en grande partie l’épineuse question de l’emploi au Sénégal pendant qu’on y est ! L’industrie cinématographique

est non seulement pourvoyeur d’emploi mais aussi un outil extraordinaire capable d’être la vitrine d’un pays et le hisser au

premier plan mondial grâce à la magie des nouvelles technologies. Marody est sincèrement en train de jouer ce rôle dans

le monde entier ! Dans les rues de Paris, des hommes et femmes de tout horizon parlent du Sénégal grâce au chef d’œuvre de Marodi.

Les Etats Unies ont créé Hollywood en vendant le “American way of life”, ils sont devenus les gendarmes du monde en montrant

leur puissance à travers la fiction. Nous avons un potentiel cinématographique extraordinaire qui a besoin d’être encadré,

organisé, suivi et contrôlé par l’Etat, malheureusement l’Etat du Sénégal n’attend qu’un film gagne un prix pour être reçu

par le Président et le Ministre de la Culture. Ceci étant les jeunes qui s’activent dans ce milieu sont très nombreux et abattent

un travail de titans plus reconnu à l’étranger à travers des festivals et césars. Le feuilleton Halima Gadji, Marodi laisse entrevoir

les failles de l’Etat dans sa politique de création, de protection et de sauvegarde de l’emploi des jeunes.Demain ce sera au tour de

Buzz studio qui produit actuellement “dérapage” ou le studio level qui fait “Doomi Gaindé” tous deux nominés au festival de cinéma montréal

“vues d’afrique”. Dans un Etat de droit un employeur ne peut en aucun cas surexploiter ses travailleurs sous prétexte que la demande est supérieur à l’offre.

L’industrie cinématographique classée dans certains pays dans le régime des intermittents de spectacles a besoin d’un cadre juridique adapté

à l’évolution des nouvelles technologies, de l’art mais aussi de la mondialisation. J’ai eu la boule au ventre en lisant dans un article qu’une actrice

de la série maîtresse d’un homme marié était rémunérée à 300.000 FCFA pendant 8 mois de tournage. Le Président Macky Sall,

s’il souhaite créer des emplois doit d’abord régler le différend entre “Marodi, Halima Gadji, Amélie Mbaye entre autres” en demandant

au producteur de bien traiter ses acteurs et respecter les termes des contrats, le perfuser si possible avec un coup de pouce de la DER ou le FOPICA

(Fond de promotion de l’industrie cinématographique), il sauvera ainsi plusieurs emplois et en créera plusieurs autres. Le cadre juridique est indispensable

pour sauvegarder les emplois et les protéger dans la durée, la création d’emploi ne se décrète pas ! La disparition de ces deux secteurs essentiels à

l’économie Sénégalaise ont participé au chômage endémique au Sénégal, il s’agit de l’industrie cinématographique et le chemin de fer Dakar Bamako

qui a longtemps constituait la locomotive de l’économie du bassin arachidier, du Sénégal oriental et du centre du pays. . Victimes des ajustements

structurels des années 90 ces deux secteurs clés de l’économie ont tout simplement été rayés de l’agenda économique du Président Abdou DIOUF

et de son Premier Ministre de l’époque Mamadou Lamine LOUM grâce au diktat du FMI. Conséquence, plusieurs générations n’ont jamais eu la chance

de suivre un film projeté à Al Akbar ou El Mansour, ces mêmes générations n’ont jamais pris place à bord d’un train au Sénégal. Le Ministre de la culture

et de la communication peut sauver Marodi de la déroute car il y va de la survie de plusieurs centaines d’emplois dans ce secteur en plein essor au Sénégal.

Ibrahima CAMARA Journaliste Critique cinéma

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