Jeunes du Sénégal, à nos outils de travail : le Sénégal du travail doit se réveiller.

Le Professeur Cheikh Anta Diop n’avait-il pas raison de dire, en substance, certes nous pouvons être tentés de rester sur la touche et attendre que tombe le fruit du travail des autres nations pour qu’on puisse en bénéficier ; il s’agit de rompre avec ce parasitisme intellectuel. La meilleure manière de rompre avec ce qu’il appelait parasitisme intellectuel, reste et demeure le travail. Le travail libère disait l’autre.
Au moment où les jeunes sortent de l’université et peinent à décrocher leur premier stage, les artisans rencontrent de sérieuses difficultés à accéder convenablement à la commande publique, le secteur informel qui absorbe la majorité des jeunes débrouillards connaît des remous avec les marchés à reconstruire sans mesures d’accompagnement.
Alors il est évident que la priorité des jeunes, la priorité nationale n’est pas de s’engager dans des débats d’idées sur le port du voile ou la critique portée sur certaines parties de ce qui est appelé histoire générale du Sénégal.
La priorité est de faire en sorte que le Sénégal tire pleinement profit de son sol et de son sous-sol avec les immenses ressources dont nous disposons aujourd’hui. Nous sommes dans un pays où tout est à construire, donc un pays qui regorge d’énormes potentialités.
Ne courrons pas le risque de prendre nos plumes pour nous lancer dans des débats qui, jusqu’à présent n’ont pas concouru à développer ce pays, au moment où d’autres travaillent à s’accaparer, dilapider, brader et spolier nos ressources. Notre aîné Amadou Hampaté Ba n’avait-il pas senti cette menace qui nous guette quand il demandait aux jeunes ceci : lorsque vous voudrez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la Terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l’on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la Vie, sous tous ses aspects !
Certains d’entre vous diront peut-être: « C’est trop nous demander ! Une telle tâche nous dépasse ! ».
Le développement a un prix : c’est le travail, encore le travail et toujours le travail. Nous nous sommes apitoyé sur notre sort après l’esclavage, nous avons essayé de résister en vain à la colonisation et nous avons assez palabré depuis les indépendances et cela n’a rien changé dans le quotidien des sénégalaises et des sénégalais.
Aujourd’hui le pays est pris en otage par une classe politique qui est aux antipodes des priorités nationales actuelles. Les débats sont orientés sur les questions de conquête et de conservation du pouvoir avec un embrigadement malheureux des jeunes qui se font tuer à chaque veille d’élection. N’est-ce pas le Père Kéba MBAYE qui nous rappelait que “Ce n’est pas la politique politicienne qui développe un pays, ce genre de politique est le métier le plus facile du monde. Il ne nécessite ni études, ni apprentissage. Plutôt que d’avoir de grands politiciens cherchons de grands médecins, de grands ingénieurs, de grands professeurs, de grands spécialistes de l’économie et des finances et même des savants. Les pays les plus puissants du monde ne sont pas ceux ou la politique est reine, c’est plutôt le contraire”.
Nous ne sommes pas à l’heure de prendre nos plumes, nous sommes plutôt à l’heure de prendre nos outils de travail pour transformer nos vies et notre pays.
Ahmet GUEYE
Consultant-Entrepreneur IntraHealth International
Président du Conseil Départemental de la Jeunesse de Pikine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *