5 décembre 2022
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Concours Reine des Grandes Écoles : la polémique s’installe

Le concours de la Reine des Grandes Ecoles a vécu, ce 1er mai, au Grand Théâtre de Dakar. Safiétou Gueno Niang est sortie vainqueur, après une rude sélection parmi 18 candidates. Seulement, ledit concours, basé sur le leadership féminin et s’excluant du concept d’élection de Miss, est entaché d’un fait qui interpelle. Ndéye Marie Aida Ndiéguène, une des candidates, a fait état d’une discrimination due au port du voile. Sur ses réseaux sociaux, elle raconte sa mésaventure. Sa correspondance publiée in extenso.

« J’ai partagé mes joies, mes peines, mes réussites et mes échecs au fil des années.

Je m’étais lancée ce défi de faire valoir constamment le leadership en tant que femme, en tant que fille. Et hier, pour la première fois de ma courte vie , j’ai compris la définition même du mot « obscurantisme ».

J’ai visité le pays de Donald Trump, voile sur la tête, de la Californie à Washington DC, participé à des panels internationaux, interagi avec des gens de cultures, de religions différentes, d’opinions différente , musulmans, chrétiens, juifs ou même parfois athées jamais au grand jamais il n’a été question de notre apparence ou de notre apparat, ou encore moins de notre religion. De la Kipa au voile, peu importe, il a toujours été question d’idées, d’échanges et de leadership.

Hier, alors que le verdict était donné dans la joie et la bonne humeur, alors que je célébrais comme toutes les autres candidates, le sacre d’une camarade, ma petite sœur tombait des nues. Elle que j’avais laissée dans les coulisses, entendait, dans mon propre pays, terre de mes ancêtres, pays que je porte dans mon cœur, dans ma chair : « la voilée, de toute manière, elle est éliminée d’office ».

C’est en sortant de scène, sourire aux lèvres que mon cœur s’est arrêté… arrêté tout simplement quand j’ai dû relever ma petite sœur, moi son aînée car elle avait été anéantie par ce choc d’intolérance.

Je suis voilée et elle ne l’est pas, elle ma sœur car chez nous la tolérance est la règle.

Je me plais à dire que je suis Marie et quand l’on me demande pourquoi, je me plais à répondre que Dieu, lui-même, à célébrer la tolérance en dédiant l’unique sourate, parlant d’une femme, à la Vierge Marie dans le Coran (sourate 19).

Hier, alors que les projecteurs étaient braqués sur moi, alors que mon cœur battait la chamade, alors que mon âme célébrait, alors que mon cerveau pensait au leadership féminin, à la célébration de la femme dans sa grandeur, je me rendais compte que RGE (Reine des Grandes Ecoles) n’était pas un concours de leadership mais un concours de Miss.

Je me rendais compte que les critères étaient faux. Je ne pouvais garder un silence complice face à cette mascarade ».

Ndèye Marie Aida Ndiéguène

Après ses accusations,les organisateurs de l’évènement portent la réplique.

«Le comité RGE tient à préciser qu’à aucun moment, qu’en aucun cas les candidates n’ont été discriminées d’une manière ou d’une autre tant dans la sélection des écoles, pendant la préparation et aussi pendant l’événement», lit-on dans leur communiqué publié dans les réseaux sociaux.

Le comité apporte ensuite des précisions sur les critères de sélection : «Nos candidates ont reçu pendant la préparation tous les critères que ce soit la présentation des projets, le vote du public et l’appréciation du jury composé de nos partenaires».

Les organisateurs n’excluent pas de porter l’affaire devant la justice pour défendre leur image.

«Nous sommes à la 7ème édition de notre concours et à aucun moment, ce concours n’a jamais fait preuve d’exclusion ou de discrimination. Le comité RGE utilisera toutes les voies légales pour défendre la bonne image qu’elle véhicule», préviennent-ils.

Source:Seneweb