7 décembre 2022
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Assemblée Nationale : Ce qui va changer en cas de cohabitation.

Alors les scores semblent se resserrer entre les différents camps, chose qui rend difficile de déterminer avec exactitude le prochain visage de l’Assemblée. Malgré cela, des acteurs se penchent déjà sur l’hypothèse de la cohabitation sur le plan institutionnel et en termes de gouvernance.

« La cohabitation est une donnée de sciences politiques plus que constitutionnelle », nous dit, le constitutionnaliste Ngouda MBOUP sur Jeune Afrique. Mais ce qui est sûr, c’est que Macky Sall sera pour la première fois contraint de négocier avec ses adversaires. »

Dans un cadre purement politique et en termes d’orientations, cela favoriserait à l’opposition « Elle pourra prendre de nouvelles orientations économiques, changer le système administratif… Ce sera l’opposition qui va gouverner ; le président ne fera qu’arbitrer cette gouvernance », commente le constitutionaliste.

De son côté El Malick NDIAYE, Secrétaire National à la Communication de PASTEF LES PATRIOTES, voit déjà son parti dérouler son programme: « À travers l’Assemblée, nous pourrons poser les premiers jalons de notre programme : renforcer la séparation des pouvoirs et le contrôle régalien et l’institution judiciaire, diriger les commissions d’enquêtes parlementaires, effectuer un réel contrôle sur l’exécutif ».

« Nous pourrions également supprimer certaines institutions coûteuses comme le Haut conseil des collectivités territoriales afin de récupérer la manne financière. Tout ceci exigera des discussions et un travail minutieux.” Conclut-il.

Du côté du camp présidentiel, la cohabitation, n’est surtout pas à l’ordre du jour. Pape Mahawa DIOUF, membre de la cellule de communication voit d’un bon œil une assemblée plurielle : “ Au vu du nombre de nos députés, il est évident que nous disposons au moins d’une majorité relative, assure, le porte-parole de la coalition présidentielle. Bien sûr, on est loin de la victoire de 2017, mais dans les faits, nous avons gagné ces élections. Ce n’est pas une mauvaise chose que notre Assemblée soit plurielle. Cette situation est inédite et rendra le pouvoir législatif dynamique. Cela va aussi nous forcer à participer au jeu politique parlementaire classique”.

L’intrigue, reste l’identité du nouveau Premier ministre. Sera-t-il issu des rangs de l’opposition? “La Constitution lui impose de nommer un chef de gouvernement. Depuis la réintroduction du texte en décembre dernier, ses actes ont une légalité douteuse s’ils ne sont pas contresignés par le Premier ministre, explique le constitutionnaliste, le Pr Ngouda MBOUP. En cas de cohabitation, le gouvernement devra forcément refléter la composition de l’Assemblée. Le président Macky SALL devra donc nommer un Premier ministre accepté par ses adversaires, sous peine de voir son gouvernement renversé par les députés. »

Source Seneweb